Rédiger une annonce de voiture d’occasion qui vend : méthode et mentions obligatoires
Rédiger une annonce de voiture d’occasion, pour un professionnel, c’est mener deux exercices en même temps : donner envie de décrocher le téléphone et respecter des mentions que la réglementation impose depuis 1978. Les deux vont dans le même sens. Une annonce complète et exacte rassure l’acheteur, et elle vous protège si la vente tourne au litige. Voici les mentions obligatoires avec leurs textes, une méthode pour le titre et le corps de l’annonce, et les formules à bannir.
Les mentions obligatoires d’une annonce de voiture d’occasion
Nous n’avons trouvé aucun texte propre aux annonces de VO en ligne qui fixerait une liste à part. Les règles viennent de deux sources que la DGCCRF applique ensemble : le décret n° 78-993 du 4 octobre 1978, toujours en vigueur, pour la description du véhicule, et le Code de la consommation pour toute communication qui invite à l’achat en donnant un prix et des caractéristiques.
| Mention | Ce que dit le texte | Référence |
|---|---|---|
| Dénomination de vente | Marque, type, modèle, version et, le cas échéant, variante du modèle | Décret 78-993, art. 2 |
| Première mise en circulation | Le mois et l’année, pour tout véhicule d’occasion | Décret 78-993, art. 2 ter |
| Kilométrage | Le kilométrage total parcouru si le vendeur peut le justifier ; à défaut, le kilométrage au compteur suivi de la mention « non garanti » | Décret 78-993, art. 2 ter |
| Prix | Le prix toutes taxes comprises effectivement payé par le consommateur, hors certificat et frais d’immatriculation | Code de la consommation, L112-1 (fiche DGCCRF) |
| Identité et adresse du vendeur | Information réputée substantielle dans toute invitation à l’achat | Code de la consommation, L121-3, 2° |
| Qualité de professionnel | Information substantielle quand l’annonce passe par une place de marché | Code de la consommation, L121-3, 6° |
| Étiquette sur le parc | Ces mentions sur le véhicule ou à proximité, en caractères apparents et de mêmes dimensions | Décret 78-993, art. 6 |
L’article 7 du même décret interdit toute indication, présentation ou publicité « susceptible de créer une confusion dans l’esprit de l’acheteur », notamment sur la date de première mise en circulation et le kilométrage. La DGCCRF ajoute que les mentions de l’étiquette doivent être identiques à celles du bon de commande, du bon de livraison et de la facture. Votre annonce, l’étiquette posée sur le pare-brise et vos documents de vente doivent donc dire la même chose.
Omettre une information substantielle dans une annonce est une pratique commerciale trompeuse. L’article L132-2 du Code de la consommation la punit de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende, portés à cinq ans et 750 000 € quand l’infraction est commise par un service de communication au public en ligne, ce qui est le cas d’une annonce sur un portail.
Le kilométrage : « non garanti » ne sert pas de parapluie
Si vous pouvez justifier le kilométrage (factures, relevés des contrôles techniques), annoncez-le tel quel. La mention « non garanti » est réservée au cas où vous ne le pouvez pas, et elle ne couvre jamais un compteur que vous savez modifié. La méthode de vérification, avec les relevés HistoVec, est détaillée dans notre guide sur la fraude au compteur kilométrique.
Le prix : celui que l’acheteur paiera vraiment
Le prix de l’annonce est un prix TTC, celui que le consommateur paiera. Les prestations annexes (pack de mise à la route, gravage, plein) restent possibles, à condition d’être présentées comme facultatives et détaillées une par une sur les documents de vente, selon la DGCCRF. Un prix d’appel auquel s’ajoutent des frais de préparation obligatoires ne respecte pas cette règle : intégrez-les au prix affiché.
Le titre : gagner le clic dans une liste de vingt véhicules identiques
Dans une liste de résultats, l’acheteur voit une photo, un prix et un titre. Le titre sert à dire, en une ligne, pourquoi ce véhicule-là mérite d’être ouvert. Comparez :
- À éviter : « Superbe 308 très bon état à saisir !!! »
- À viser : « 308 1.2 PureTech 130 Allure, première main, entretien suivi avec factures »
Quatre règles suffisent. La version exacte et la motorisation d’abord, parce que c’est ce que l’acheteur filtre. Un fait vérifiable ensuite (première main, factures, garantie commerciale), jamais un adjectif. Pas de majuscules ni de points d’exclamation, qui font penser à une annonce de particulier pressé. Enfin, pas de mot que vous ne pourriez pas prouver : « état neuf » sur un véhicule de cinq ans appelle la contestation.
Le corps du texte, dans l’ordre des questions de l’acheteur
Un acheteur qui a ouvert l’annonce cherche des raisons de vous appeler et des raisons de passer son chemin. Répondez dans l’ordre où il se pose les questions :
- Quel véhicule exactement ? Version, motorisation, boîte, mois et année de première mise en circulation, kilométrage avec sa justification.
- Quel passé ? Nombre de propriétaires, entretien appuyé sur des factures, dernière intervention importante avec son kilométrage.
- Quel état réel ? Les défauts connus, nommés un par un, et cohérents avec les photos.
- Pourquoi chez vous ? Préparation réalisée, contrôle technique, garantie commerciale si vous en proposez une, reprise, financement.
- Quels équipements comptent ? Cinq ou six lignes choisies, pas la liste complète du constructeur.
- Comment conclure ? Adresse, horaires, contact, prix TTC.
Voici ce que cela donne sur un exemple. Le véhicule est fictif, les chiffres servent à illustrer la structure :
Peugeot 308 1.2 PureTech 130 Allure, boîte manuelle 6 rapports. Première mise en circulation : mars 2021. 68 400 km, justifiés par les factures d’entretien. Deux propriétaires. Dernière révision à 60 200 km, facture disponible. Rayure de 10 cm sur le bouclier arrière (photo n° 9), pneus avant changés à la préparation. Contrôle technique de moins de six mois remis avant la vente. Équipements : navigation, caméra de recul, régulateur adaptatif, sièges chauffants. Reprise possible. Prix : 15 490 € TTC.
Le défaut est nommé et photographié. C’est un argument de sérieux, et c’est aussi une pièce de votre dossier : la garantie légale de conformité ne joue pas sur un défaut dont l’acheteur a été spécifiquement informé et qu’il a accepté expressément et séparément à la signature. L’annonce ne suffit pas à elle seule, mais elle prépare ce consentement.
Les formules qui coûtent plus qu’elles ne rapportent
- « Vendu en l’état » ou « sans garantie ». Face à un particulier, une clause qui écarte les garanties légales est réputée non écrite. La formule n’a aucun effet juridique et donne une mauvaise image.
- « Garantie 3 mois ». Présentée seule, elle laisse croire que c’est toute la garantie. Écrivez « garantie commerciale de 3 mois, en plus de la garantie légale de conformité de deux ans ».
- « Jamais accidenté », « aucun frais à prévoir ». Une allégation fausse ou invérifiable sur une caractéristique essentielle peut constituer une pratique commerciale trompeuse. N’écrivez que ce que votre dossier prouve.
- Le texte copié d’un véhicule à l’autre. C’est ainsi qu’un kilométrage ou une année de mise en circulation erronés se retrouvent en ligne, exactement ce que vise l’article 7 du décret de 1978.
Les photos : trois règles propres à l’annonce
La préparation du véhicule et la prise de vue font l’objet de notre article sur la photo du véhicule pour mieux vendre. Pour la rédaction, retenez trois points. La première photo est celle qui apparaît dans la liste des résultats : choisissez-la, ne la laissez pas au hasard de l’import. Une photo du compteur doit montrer le kilométrage annoncé. Chaque défaut mentionné dans le texte doit avoir sa photo, et réciproquement.
Dans Iziscar : de la fiche à l’annonce, sans ressaisie
Dans Iziscar, l’annonce part de la fiche du véhicule : ce que vous avez saisi à l’entrée en stock nourrit le texte, l’affichette et les portails. Le pas-à-pas complet est dans l’aide Rédiger le titre et le texte de l’annonce.
- Les mentions qui manquent se voient. Catégorie, énergie, transmission, couleur, année modèle, MEC, cylindrée et nombre de places sont exigés pour publier : tant qu’un champ manque, son libellé reste en rouge et le bloc « Publications indisponibles. » s’affiche.
- Le titre sans répétition. L’onglet « Annonces » montre l’aperçu du titre sur les plateformes : marque et modèle, puis votre « Titre de la publication ». Inutile de les répéter, gardez la place pour la version et le fait qui distingue.
- Un texte par usage. Le « Corps de l’annonce » part vers les portails, le « Champ libre » vers les sites personnalisés, et le générateur d’annonces manuel assemble un texte depuis la fiche pour un site non relié. Le texte par défaut de la société, réglé dans les paramètres, est l’endroit où inscrire une fois pour toutes votre identité, votre adresse et la mention de la garantie légale.
- Le prix affiché et le prix de la fiche. Le « Prix affiché » de l’annonce est distinct du prix de vente de la fiche, que reprend l’affichette. Gardez-les identiques : l’annonce, l’étiquette et le bon de commande doivent porter le même prix TTC.
- L’affichette du parc. Imprimée depuis la fiche, elle reprend la photo principale, le prix et la TVA, les principales caractéristiques, l’étiquette CO2 et la vignette Crit’Air.
- Des photos propres. Le studio photo IA détoure le véhicule sur fond showroom et floute la plaque ; l’ordre des photos sur la fiche est celui des annonces, et une photo confidentielle n’est jamais envoyée aux portails.
- L’Assistant d’annonce. Sur le tableau de bord, il compte les véhicules sans photos, avec moins de 3 photos, aux informations manquantes ou au prix à revoir. Il signale, il ne rédige pas : le texte reste le vôtre.
- Une seule annonce, tous les portails. La multidiffusion envoie l’annonce à Leboncoin en direct, à La Centrale, AutoScout24 et aux autres portails ouverts pour votre compte. Après une correction, le bouton « Mettre à jour l’annonce » renvoie la nouvelle version.
Sources
- Achat d’un véhicule d’occasion : quelles sont les obligations du vendeur ?, DGCCRF
- Décret n° 78-993 du 4 octobre 1978 (articles 2, 2 ter, 5, 6 et 7), Légifrance
- Code de la consommation, article L121-3 (informations substantielles), Légifrance
- Code de la consommation, article L132-2 (sanction des pratiques commerciales trompeuses), Légifrance
